.One Shot #2.2 .Until the end....

.One Shot  #2.2 .Until the end....


Voici la suite que vous attendiez tous *baf*.
Cette fois, les faits réels ne vont que jusqu'au 27 aout inclus.
Sachez que désormais, je considère cette histoire comme définitivement close.
Pour le montage, il s'agit de mes dessins, encore XD





25 Aout - 12h45

- Waw Lena, je savais pas que t'arrivais à te mettre debout tout le temps sur ta planche !
- J'en ai fait une semaine à Paques, j'avais déjà appris...

- Ouais mais tu surfes vachement bien pour une débutante.
- Erf >.< Merci Gael. Niveau débutant t'es pas mal non plus.
- Ouais heu débutant débutant... Ca fait deux mois que je surfe ma p'tite dame ! Deux mois ! Et ouais ! Tiens regarde, avec ce vent off-shore les vagues sont parfaites pour le take-off, mais fais gaffe à la bahine et mets de la wax hein ! Eh ! Lycra !
- Ouais, lycra !
répondis-je en m'exclaffant.
Lycra était le premier mot de surf que Gael avait apprit. Jusqu'à ce qu'il comprenne que c'était un vêtement, il avait été persuadé qu'il s'agissait d'un terme hypra technique de surf. La belle affaire ! Depuis, lycra restait un signe de reconnaissance entre nous.

La matinée avait été parfaite: Soleil, chaleur, et surf.
De purs moments partagés entre nous six. Enfin, entre nous cinq. Un seul ne m'avait pas adressé la parole une seule fois. Cela m'aurait affecté si j'avais été privée du plaisir de la glisse. Cette fois-ci, et pour la première fois de ma vie il me semble, je passai outre.
Je ne m'en suis rendue compte que lorsque ma mère m'a demandé comment ça c'était passé, le soir, dans mon studio de Nantes. Nous avions tout repeint, et la discussion avait finalement dérapé sur Lui* et les relations que nous entretenions ces derniers temps. Et, chose incongrue, je n'avais même pas remarqué qu'il ne m'avait pas parlé avant que ça ne soit évoqué.
Je m'améliorais, dans ma thérapie.






27 Aout - 23h35


J'étais assise nonchalamment sur une table en bois de la terrasse du bar. Les jambes brassant l'air, je sirotais mon coca en fixant la pleine Lune qui illuminait les alentours. Il avait fait très chaud ce jour-là. Les premiers vrais jours d'été, comme on disait ici pour plaisanter.

Mon contrat avait fini par toucher à sa fin. C'était fini, je n'étais plus serveuse. Romain était parti, emportant avec lui sa haine qui avait commencé à contaminer tout le monde. Beaucoup de monde était parti d'ailleurs, mais il me restait l'essentiel, ceux avec qui je partageais tout désormais: Gael, Céline, Matt, Flo, et surtout lui*.
Lui* qui avait hanté mon été pour la deuxième fois. Lui* qui m'avait préféré une autre. Lui* qui était de nouveau célibataire parce qu'elle l'avait jeté lamentablement par texto : "au fait, j'ai un copain depuis un mois et demi, j'ai oublié de te le dire"
J'étais bien heureuse qu'il restât jusqu'à la toussaint auprès de moi, et je lui avais tout pardonné. Car, bien que je ne travaille plus, je restais tout de même la fille du directeur, et par conséquent je bénéficiais d'un status spécial qui me permettais de continuer à faire les spectacles et de venir ici, les voir.
Le spectacle de ce soir-là était de loin mon préféré: j'y dansais avec Lui*.
C'était l'avant-dernier auquel je pourrais participer: il me faudrait bientôt m'en aller pour mes études. Gael m'avait dit que mon départ signerait la fin de ce spectacle. Toutefois, je craignais qu'on décide de me remplacer, de trouver quelqu'un pour danser avec Lui*. Un hantise bien bête, je vous l'accorde.

Comme la dernière fois que nous nous étions vus, Il* m'avait pratiquement ignorée, préférant embêter Sophie, mariée, une fille. "Mais tout le monde sait que je préfère les femmes mariées", qu'il aime à répéter. Devant moi qui plus-est. Ma soeur était également là. Bien qu'elle n'ait que treize ans, elle était de ma taille, un fait des plus rageants. Elle était sa* "petite soeur spirituelle". Aussi, il adorait la prendre dans ses bras.
Gnagnagna.

Ce fut le bruit d'un verre que l'on posait sur la table, juste à côté de moi, qui me fit sortir de mes pensées sombres. Je levai la tête. C'était lui*, bien évidemment. Il vint s'asseoir à mes côtés, et, à ma grande surprise -tellement grande que je dûs en béer d'étonnement- il entama la conversation.
Nous parlâmes beaucoup, de tout. American Pie, Hot Shot, du surf, des études, de Nantes, de mon prochain départ, et nous évoquâmes l'hypothétique réaction de mon père le jour où je lui présenterais mon copain.
Cette dernière réflexion me lacéra le coeur, et je baissais les yeux sur mes genoux, tandis que je l'entendais dire de telles horreurs avec détachement. Comprenait-il à ce moment-là que je voulais que ce copain, ça soit lui, et seulement lui ?
Il parlait de devenir commercial, de quitter l'animation. Ce qui voulait dire, et je le saisi avec force battements de coeurs, qu'il ne reviendrait peut-être plus jamais ici.
- Tu pourrais aller au bureau de Nantes, suggéra ma soeur avec sa naïveté habituelle. Tu logerais chez Lena !
Blanc. Beaucoup, beaucoup trop naïve.
- Ouais, et on ferait l'amour comme des bêtes, enchaîna-t-il pour combler le silence.
- Ouais, et on réveillerait les voisins ! renchéris-je, trop contente de pouvoir dissimuler les pensées pas très catholiques que ma soeur m'avaient inspirées.
Nouveau changement de sujet. Le départ pour Punta Cana se précisait, nous avions hâte.



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15 Octobre - 2h01


C'avaient été dix jours fabuleux. Peut-être les meilleurs de ma vie, allez savoir. Dix jours au soleil, à surfer et boire comme des trous. Dix jours et dix nuits, passées dans la même chambre que Lui* pour nous éviter de payer le supplément "chambre individuelle".
Il ne s'était rien passé, évidemment. Bien que je me sois faite à l'idée, je ne pouvais m'empêcher d'espérer encore un peu. Surtout quand, feignant le sommeil, je le sentais qui m'observait, là, tout près.
Il* m'en avait encore fait de belles, sur la plage. Les nanas en bikinis étaient "trop bonnes" et lui faisaient "dresser le zizi" (Brice de Nice). Et moi, allongée à côté de lui, sur le ventre pour tenter de rattraper mes nuits blanches, recouverte par mon paréo parce que je n'aimais pas mes jambes... Nous étions si près, et pourtant si loin...
Quoiqu'il en soit, ces vacances resteraient pour moi les plus belles.
J'étais tellement bête de vivre de sa présence.

Mais voilà que maintenant, l'air allait me manquer.

C'était fini.
Nous étions revenus. J'allais les quitter. Le* quitter. Nous étions à Paris, à la gare Montparnasse, et j'attendais sagement le train qui me ramènerait à Nantes d'ici sous peu. Ils étaient tous là, autour de moi, et m'étreignaient déjà tour à tour, bien que mon départ ne soit que dans une dizaine de minutes.
- Allez, t'en fais pas, me dit Flo, on se reverra, on reste ici cet hiver, avec Gael.
- Ouais, et puis tu nous as dit que Nantes n'était pas si mal,
continua celui-ci en m'enlaçant la taille, comme à son habitude.
- Ouais, mais bon...
- Tu vas vite te trouver un mec...

Je le* fusillai du regard. Voila qu'il remettait ça sur le tapis ! Mais de quel mec parlait-il ? De lui ?
- Ben quoi ? me répondit-il.
- Roh tu piges rien toi ! lui chuchota Céline en lui donnant un coup de coude.
- Salut Len', me dit simplement Matt en me tapant une bise accompagnée d'une accolade. Te morfonds pas trop, je sais que j'vais te manquer.
J'éclatai de rire malgré moi. Les nerfs, sûrement. Puis vint le tour de Céline, qui me pressa le bras, comme pour me réchauffer par un temps de grand froid:
- Allez courage bichette. On se revoit l'été prochain au plus tard. Sinon on vient squatter !
- Quand tu veux
, répondis-je, les larmes commençant à envahir mes yeux.
Il n'en restait plus qu'un.
Lorsque Céline s'éloigna, je me tournai immédiatement vers lui.
Nous échangeâmes des regards gênés, tristes. Je voulais me blottir dans ses bras, et pourtant, je m'en empêchai, comme la pauvre sado-maso que j'étais. Que diraient les autres ? A vrai dire, qu'est-ce que j'en avais à faire, des autres, en cet instant précis ?
Il* dut penser la même chose, car je sentis deux bras autour de moi, et, bientôt, ma joue vint se poser contre son torse. Je lui rendis son étreinte sans me poser la moindre question. C'était bien la première fois.
Du coin de l'oeil, je remarquai que les autres s'étaient éloignés vers le kioske, moyen assez discret de nous laisser tous les deux.
Tous les deux...
Je frissonnai.
Si seulement un "tous les deux" était envisageable.
- Bon, ben... à cet hiver, alors, commençai-je.
- Je ne serais pas aux Karellis cet hiver...
- Ah.

Coup de poignard.
- Ben à l'été prochain, dans ce cas...
- Je ne reviendrais pas non plus...
- Quoi ?

Deuxième poignard. Mes yeux me picotèrent désagréablement, et je dus lutter contre la montée des larmes. Je n'avais définitivement pas envie de passer pour une faiblarde.
- Mais... alors on... on se revoit... quand ? Demandai-je d'une voix tremblante.
- Je sais pas.
- On se reverra quand même, non ?
- Je ne pense pas...

Troisième poignard. Combien de temps mon coeur tiendrait-il ?
- Ca veut dire... que c'est la dernière fois... qu'on se voit ?
Après un instant d'hésitation, il finit par acquiescer, faisant déborder mes larmes au passage. Il ne fallait pas qu'il les voit. J'enfouis ma tête dans son bras, tentant au mieux de dissimuler ma peine. Malheureusement, mes épaules tressaillaient, et il finit par s'en rendre compte.
- S'il te plait... Ne pleure pas...
- Pardon... J'fais pas exprès...
- Je ne veux pas que tu pleures pour moi. Je ne le mérite pas.
- Quoi ?
- Tu trouveras quelqu'un, j'en suis sûr... Je me fais aucun souci pour ça.
- Où tu vas ?
- A New York.

Je grimaçai. Si loin ?
- Pourquoi ?
- Mon père vit là-bas. Je vais travailler dans son entreprise. Allez... Regarde autour de toi, il y en a d'autres ! Tu es belle, intelligente, intéressante, tu ne resteras pas seule...
- Mais je veux pas... Je veux pas...

Les mots furent longs à arriver et à prendre forme dans ma bouche, mais, au bout d'un an, je parvins enfin à les prononcer.
- Je veux pas d'un autre... C'est toi... que je veux...
- Pourquoi tu dis ça ?
- Mais parce que je t'aime gros naze !
Explosai-je entre mes sanglots. Je t'aime, tu vois ? Et ça... depuis pas mal de temps. Mais toi... tu ne l'as jamais vu...
- ...
- Tout l'été... tu m'as ignorée, en draguant cinquante gonzesses à la fois, sous mon nez...
- Pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ?
- Tu crois que c'est facile à dire ?
- Ben...
- Je sais très bien comment tu aurais réagis. Je suis la fille du boss, hein ? Mais je suis majeure ! Majeure, merde quoi ! J'ai le droit de faire ce que je veux, j'ai plus besoin de l'autorisation de personne !

Il soupira, et posa son front contre le mien, me forçant à lever les yeux vers lui.
- Tu n'as aucune idée de la réaction que j'aurais pu avoir.
- Tu m'aurais repoussée.
- Peut-être. Je sais pas.
- T'avais ta Fanny, pis t'as eu Charlotte. Qu'est-ce que je pouvais faire, moi, face à ça ?
- Me dire...
- Mais je pouvais pas !

J'éclatai de nouveau en sanglots, tout en me disant que je passais pour la reine des cruches, gnangnan et tout le tralala. Même si je me sentais mieux maintenant que je lui avais lus ou moins tout balancé.
- Si je te le dis maintenant, c'est uniquement parce qu'on ne se reverra jamais...
- T'es SM...
- Ouais.
- Tu aurais dû me le dire...

Il embrassa mon front. Puis ma tempe. Ma joue.
Très lentement, lui aussi tremblant que moi, il effleura mes lèvres pour finalement déposer un baiser sur le coin de ma bouche.
Dans un bruit qui me parut très lointain, j'entendis les haut-parleurs annoncer l'entrée en gare de mon train.
Il me serra contre lui à m'en couper le souffle, puis me relâcha, me poussant presque dans mon compartiment. Il avait les yeux brillants.

Je me trouvai une place près de la fenêtre, et rivai mon regard sur le quai. Les autres l'avaient rejoint et me faisaient de grands signes. Lui me tournait le dos.
Il ne se retourna que lorsque le train s'ébranla et me suivit jusqu'à ce que je sois trop loin. Il avait pleuré, ou était à deux doigts de le faire. J'enregistrai cette dernière image à tout jamais dans ma mémoire.
Le train tourna, et les quais disparurent, emportant avec eux leurs occupants. Et Lui.
Adieu... toi, dont je n'arriverais plus à prononcer le nom.



Tiphs_________






# Posté le mardi 28 août 2007 09:06

Modifié le vendredi 29 février 2008 17:20

.One Shot #3 .Vampires....

.One Shot  #3 .Vampires....


Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été bercée par des histoires fantastiques
(c'est là qu'on pose la question "mais comment-se fait-il que tu n'écrives que du fantastique ?")
où les fées, les licornes et les centaures côtoyaient les chimères, les vampires et les dragons.
Il font partie intégrante de ma vie, c'est pourquoi Fascination est mon livre de référence et
continue de me hanter. D'ailleurs, je ne lis que des mangas sur le sujet ^^"
A vos suggestions x)




Evey se promenait dans la ville. Il faisait jour, et elle était noire de monde, mais, comme toujours quand elle sortait de chez elle, elle avait peur. Pas la petite peur qui faisait vaguement trembloter les genoux et frissonner de partout, non. Celle qui vous cloue sur place et emprisonne votre voix au fond de vous-même. Celle qui dilate les pupilles à leur maximum et qui amène votre coeur au bord du gouffre.
Cela remontait à plusieurs années. Peut-être onze, ou douze... Elle avait alors environ six ans, et il faisait nuit.
La nuit. Elle la craignait pour ce qu'elle abritait, pour ceux qu'elle cachait et qui profitaient d'elle insidieusement.

Cette nuit-là, elle s'en souviendrait toute sa vie. Elle marquait son plus ancien souvenir. Elle ignorait ce qu'il s'était passé avant, c'était le noir complet, mais elle s'était brutalement cognée contre quelque chose. Pas un mur, c'était trop mou, ni même une personne, c'était trop dur. Mais quelque chose. La petite Evey s'était excusée en se frottant la tête, comme... comme quelqu'un, un jour, le lui avait appris. Mais sa voix était morte dans sa gorge au moment où elle avait posé les yeux sur lui.
Aussi petite fût-elle à cette époque, Evey avait trouvé cette créature magnifique. Elle avait l'apparence d'un humain, mais quelque chose, peut-être son instinct de petite fille, l'avait poussée à déguerpir malgré son magnétisme effarant. Le jeune homme était grand et mince.
Pas le genre de minceur que l'on déteste, plutôt celle qui offre une harmonie parfaite et désirable.
Il avait des cheveux noirs mi-longs qui tombaient sur son visage de porcelaine, cachant deux magnifiques yeux en amande aux longs cils.
Rouges.
Ses pupilles étaient rouges. Et sa peau translucide. Comme une photo ratée.
- T'es un vampire ? Avait-elle demandé, la curiosité l'emportant sur la peur.
Il n'avait pas répondu. Il avait simplement souri. La lumière de la Lune avait fait étinceler ses dents.
La fillette avait vu les canines longues et pointues briller. La peur était revenue, plus forte encore. Elle était partie en courant.

Evey se souvenait encore de ce qui arriva après.
Les rues étaient désertes, et ses pas résonnaient vraiment forts dans tout ce silence effrayant. La petite fille était tombée, et s'était écorchée les mains, échappant une minuscule goutte de sang.
Une minute plus tard, un autre vampire était apparu de l'autre côté de la rue, si vite et silencieux qu'elle s'était demandé s'il n'était pas déjà là avant.
Cette fois-là, Evey avait crié.
Celui-là ne ressemblait pas au joli monsieur d'avant. Il était décharné, ses veines saillaient sous la peau tendue, et ses yeux rouges et exhorbités brillaient d'excitation. Il avait sauté sur la fillette en ouvrant la bouche, prêt à aspirer jusqu'à la dernière goutte de son sang.
Elle avait hurlé une nouvelle fois en se cachant le visage de ses mains blessées, même si elle ne comprenait pas vraiment ce qui allait arriver.

Mais le joli monsieur était arrivé et avait transpercé la tête du vampire d'un coup de poing négligent.
- Ca va ? Lui avait-il demandé d'un air inquiet.
La fillette avait hoché la tête, bien trop choquée pour parler.
- Viens, je t'emmène en sécurité., lui avait-il dit en glissant sa main abîmée dans la sienne.
Le joli monsieur l'avait amenée devant cette grande maison au jardin immense, et lui avait dit:
- C'est ici que tu dois vivre, désormais. Dis simplement que tu viens de la part de Shagma. Et oublies-moi, petite.
Et il était parti.
Evey avait gardé les yeux rivés sur son manteau blanc qui flottait derrière lui bien longtemps après qu'il eut disparu derrière le voile de brume nocturne.


Depuis tout ce temps, elle avait vécu avec sa famille d'accueil, des gens charmants et fortunés qui l'avaient accueillie à bras ouverts sans poser de questions, qui lui avaient donné un nom, une date de naissance et une éducation exemplaire. Elle avait découvert, à ses dix ans, leur vrai métier; eux estimaient qu'elle était assez grande pour savoir. Ils lui avaient raconté son histoire, et expliqué.
Le joli monsieur Shagma était un vampire originel, ceux qui avaient le pouvoir de créer d'autres vampires. Le méchant était un vampire qui avait été créé, qui avait été humain, avant qu'il ne devienne fou de sang et de rage.
Et eux, ses parents, étaient chargés de tuer ces vampires. Ceux comme Shagma aussi bien que les monstres.

Elle avait suivi leur formation en tant qu'héritière, et était désormais capable de se battre et de tuer les vampires qui l'attaqueraient.
Mais jamais elle n'avait osé sortir du domaine. "Choc psychologique aboutissant à une attitude phobique", avait diagnostiqué le psy. Et Evey n'avait de ce fait jamais eu l'occasion de démontrer ses talents de vampire hunter.


Aujourd'hui, pour ses dix-huit ans, elle avait décidé de remédier à cette peur viscérale. Elle avait franchi le portail, son arme dissimulée dans sa manche, et était partie en ville. Elle se disait que c'était le meilleur cadeau qu'elle pouvait se faire: s'offrir la fierté de ses parents, de leur montrer qu'elle était capable de prendre leur flambeau.
La proximité de la foule la rassurait.
Mais elle savait que les vampires originels, ceux comme Shagma, pouvaient vivre le jour, bien que cela les fatigue énormément.
D'ailleurs, combien de fois Shagma était-il venu hanter ses rêves ?
Ses traits étaient restés gravés dans sa mémoire, et Evey nourrissait l'espoir secret de le recroiser un jour, et qu'il ne lui fasse pas de mal, comme lors de cette fameuse nuit. Utopique, peut-être bien, mais elle voulait croire qu'une union vampires - humains était possible.
Elle était sortie dans cet unique but, et, étrangement, elle savait qu'elle le verrait. Après tout, celà faisait douze ans, jour pour jour, qu'il l'avait sauvée.

Mais les rues étaient trop bondées pour qu'elle puisse apercevoir qui que soit. Evey se dirigea vers le parc le plus proche, tétanisée à l'idée de se retrouver isolée, en dépit de sa formation poussée et des dizaines de personnes qui s'y prélassaient.
Il y avait beaucoup d'enfants qui faisaient du toboggan ou qui jouaient à la guerre. Au bord de l'étang, la camionette d'un marchand de glaces dispensait sa musique enfantine avec allégresse. Les parents lisaient, installés sur des bancs ou sur la pelouse, le temps que leur progéniture s'épuise.
Les yeux noirs d'Evey balayèrent tout le parc, de droite à gauche, de gauche à droite. Sans cesse, au rythme de son coeur. Dans sa manche, elle serrait son arme runique. Un vampire touché au coeur par cette arme en mourait sur-le-champ. Elle lui faisait confiance sur ce point.
Elle espérait seulement qu'elle n'aurait pas à s'en servir.

Ses yeux restèrent dans le vague très longtemps tandis qu'elle voyait défiler les nombreuses apparitions du vampire dans ses rêves. Jamais elle n'avait cessé de penser à lui, et toujours cette question si angoissante lui revenait en tête: Shagma était-il vraiment méchant ?
Elle était tellement absorbée par ses pensées qu'elle n'identifia pas ce qu'elle fixait depuis tout à l'heure pour ce que c'était. Elle l'avait vu sans le voir, et le regardait s'approcher d'elle sans aucune réaction.
Il lui sourit. Un sourire ravageur, qui accentuait sa beauté d'ange noir.
Evey se figea. Son étonnement et sa joie restèrent confinés dans sa poitrine, tandis que Shagma la dévisageait, tout près d'elle.
Trop près d'ailleurs. Mais qu'importe. Elle avait tant imaginé et espéré ce moment qu'elle en était paralysée.
- Ca fait longtemps...
La jeune femme acquiesça et déglutit.
- Evey.
Le vampire passa son index sous son menton et l'obligea à le regarder. Elle se sentit fondre sous le choc de ses beaux yeux noirs. Sa voix était douce et feutrée, comme une mélodie.
Il n'avait pas changé. C'était toujours le même que lors de cette nuit-là. Mystérieux, magnifique et serein.
- Tu m'attendais, n'est-ce pas ? C'est pour ça que tu es venue.
La respiration d'Evey se fit si irrégulière que le jeune homme dut poser une main apaisante sur son épaule pour la calmer. L'effet fut immédiat, mais la jeune femme devint écarlate.
- Je voulais... commença-t-elle avec difficulté. Je voulais simplement te dire merci... Tu m'as sauvée, je ne te remercierai jamais assez...
- Tu es devenue vampire hunter, je me trompe ?
Elle acquiesça. Tu sais à quel point je suis dangereux, et pourtant tu voulais me voir.
Sa voix était chaude et envoûtante. Jamais elle n'aurait pu se sentir en danger avec lui, maintenant qu'elle l'avait retrouvé.
- Tu le caches, mais je le sens. Ton sang le chante. On ne trompe pas un originel, Evey, ne te l'a-t-on pas appris ?
- Shagma...
- Je t'ai sauvée parce que j'avais une dette envers tes parents biologiques.

Elle avait de nouveau baissé la tête, et une légère pression de l'index glacé la força à ancrer de nouveau les yeux dans ceux du vampire.
Ils étaient noirs. Elle n'y avait pas fait attention avant, mais ce noir... ne pouvait signifier qu'une chose.
- J'en reste un vampire. J'ai besoin de sang, et, vois-tu, je n'ai pas l'intention de me laisser mourir de faim.
- J'ai peur de ne pas comprendre.
- C'est pourtant simple. Ce que tu me dois, pour t'avoir sauvée, c'est ton sang.


Douche glacée.
Evey réalisa alors l'erreur qu'elle avait fait. Elle avait refusé d'écouter ce que lui dictait sa raison, avait préféré écouter son coeur. Ce dernier battait plus fort que jamais, et Shagma sourit en l'entendant. Aimait-il le bruit affolé qu'il faisait, cela l'amusait-il ? Ou avait-il encore plus de mal à réfréner sa soif ? Il l'avait sauvé une fois. Mais aujourd'hui...
- Tu vas me tuer, Shagma ?
Evey avait dit ça sur le ton de la conversation, et pourtant des larmes commençaient déjà à couler sur ses joues. Elle n'osait pas penser "pourquoi pas quelqu'un d'autre ?", cela aurait été cruel et égoïste.
- C'est très possible, admit-il gravement.
- Pourquoi... ?
- En te sauvant j'ai perdu certains de mes pouvoirs. J'ai besoin de ton sang pour me régénérer.

La jeune fille tremblait devant cette élégance rare et diabolique. Ses cheveux bruns et lisses s'agitaient sur ses épaules tandis que les sanglots étouffés de leur propriétaire se frayaient un chemin au milieu d'une tristesse sans fond. Les larmes coulaient toutes seules, en silence. Comme si elles ne voulaient pas vraiment être là.
Personne autour ne semblait les voir.
Shagma regarda à son tour le parc paisible avant de se reconcentrer sur la jeune fille.
- Ils ne nous voient pas.
- Shagma...
- Nous ne seront que tous les deux, cette fois.
- Arrêtes ça...
- Pourtant c'est bien ce que tu souhaites, non ?
- SHAGMA, VA-T-EN ! Avant que... que je... ne te tue...

Evey se débattit. Elle hurlait, tapaient des poings, des pieds, gigotait comme une furie, mais les bras d'airain de l'ange infernal se refermèrent sur son ventre et l'immobilisèrent d'une clé aux bras. Elle avait désormais son dos appuyé contre lui, et malgré la peur, elle ne voulait pas quitter cette étreinte bien cruelle.
- Non... non... sanglota-t-elle tandis qu'elle sentait le souffle de plus en plus rauque du vampire sur sa gorge.
- Allez, sois forte. Tu meurs dans mes bras, c'est mieux que rien, non ? Et puis... Tu sens bon.
La jeune femme rendit les armes. A quoi bon lutter quand elle savait qu'elle n'en n'aurait pas la force ?
Toute sa vie, elle s'était forgé une image idéaliste de Shagma, de ce bon vampire parmis les monstres, jamais elle ne pourrait se résoudre à le tuer.
C'était ça, l'amour, au final ?
Dans son cou, les canines pointues du jeune homme s'enfoncèrent d'un seul coup, arrachant un gémissement de douleur à sa victime.
Le sang coula. C'était chaud, doux, délicieux. Shagma sentait déjà ses forces revenir, quittant le corps d'Evey, qui commençait déjà à trembler de fatigue.
Dans le brouillard glacé qui l'envahissait, elle pensa qu'il était mieux pour elle qu'elle n'y survive pas. Elle ne pourrait pas vivre avec cette déception, ce côté obscur de son ange gardien qu'il lui avait dissimulé et jeté en pleine face.
Bientôt, elle ne trembla plus. Elle cessa de pleurer. De bouger.
Sa vie s'enfuyait au rythme du sang qui coulait.
Shagma, lui, n'arrivait pas à s'arrêter.
C'était si bon, jamais encore il n'avait goûté ça. Les gens amoureux de leur bourreaux étaient donc bien meilleurs que les autres, en fin de compte.
Il l'avait sauvée, et l'idiote avait suivi la voie de toutes ces autres qu'il avait auparavant dévorées.
Mais aucune n'était aussi bonne.
Il était venu la voir souvent la nuit... Bien sûr qu'il savait. Il l'avait toujours su, c'était lui qui visitait volontairement ses rêves. L'attirer avait été trop facile.

Le jeune homme fut soudain secoué d'un violent frisson. Il arracha ses crocs du cou pâle d'Evey. Il ne pouvait pas.
Il reposa la jeune femme au sol, dans l'herbe. Elle respirait encore, bien qu'elle soit blême.
Il s'accroupit à ses côtés en prenant son pouls. Effleura sa joue de ses foigts glacés.
Une dernière fois.
- Je suis désolé... murmura-t-il en effleurant la joue d'Evey.
Elle ne bougeait pas, inconsciente. Il savait pourtant qu'elle l'entendait, là, quelque part.
Il se releva, hébété et dégoûté.
- Adieu, Evey.

Et Shagma s'en alla en essuyant rageusement le sang qui gouttait à son menton. Il n'avait pas pu la tuer.
S'il avait su ce que c'était, il aurait su qu'il l'aimait. Mais Shagma n'était pas humain.
Il n'avait simplement pas pu.
Il préférait rester affaibli. Il n'avait pas pu.
Plutôt mourir que lui ôter la vie.
Il n'avait pas pu, et jamais il ne le pourrait.




Ne vous en faites pas, des histoires de vampires, il y en aura sûrement d'autres, et sûrement mieux écrites...
Pas que je n'aime pas celle-là, mais j'étais dans un état tellement bizarre quand j'écrivais cet OS que, même maintenant, je suis incapable de le modifier pour le rendre meilleur.

Qu'en avez-vous pensé ?

Ps: Il est normal que j'ai dit que les pupilles étaient rouges, et non les iris. Ca serait trop voyant sinon, alors que les pupilles, on peut croire à un reflet, comme pour les chats.





Tiphs_________



# Posté le dimanche 02 septembre 2007 15:57

Modifié le vendredi 29 février 2008 17:19

.One Shot #4 .Nuit étoilée.

.One Shot  #4 .Nuit étoilée.


Arhem. Certains d'entre vous verront un lien avec ma vie.
Il n'y en a aucun. J'ai juste rêvé ce moment, juste avant que mon réveil sonne.
Pour les amateurs d'histoires qui se finissent bien ^^




___La musique est douce. Envoûtante. Elle aime.
Mais cette soirée n'est pas à elle. Après tout, elle n'est que barmaid. Alors, pendant que la musique déverse sa tendresse sur la foule, elle serpente entre les tables et pose des verres. En reprend d'autres.
Elle aime.
C'est le bal d'un mariage. Un mariage magnifique, tout en élégance pure et simple.
Elle connait la mariée. Elle cherchait des employés. Elle a proposé ses services, et ceux d'amis. Il faut dire que certains étaient doués.
Ainsi, elle avait ameuté deux acrobates, une danseuse, deux animateurs, une serveuse, et elle.
Tous parmis ses amis, plus ou moins proches. Elle les connait de divers horizons, de la fac, du lycée, ou de ses petits boulots d'été.

C'est le quart d'heure calme.
Sur la pelouse au bord du lac, les lumières ont viré au bleu. Tout est atténué. L'eau scintille sous la Lune. Ses rayons filtrent à travers les sapins.
Il faut dire qu'un mariage dont la réception se déroule en pleine forêt a de quoi faire rêver.
Aucune ampoule aveuglante, juste des bougies et des lampes à huiles. Des torches autour de la scène, loin des arbres.
Il fait bon, pas trop chaud malgré l'ambiance déjantée du début de soirée, et les slows avaient débuté sur My Immortal. Sa chanson préférée.
Les mariés occupent le centre d'une piste imaginaire. Ils sont amoureux, ça se voit. Ca en serait presque contagieux tant leurs yeux brillent. Personne n'ose approcher. La robe de la mariée est blanche et bouffante, recouverte d'un voilage bleu pailleté sur le buste et les manches longues. Elles dénudent les épaules et finissent en triangle sur son index. Et la jupe est brodée de motifs féériques qui scintillent sous les lumières.
Féérique, c'est le mot.

Mais ce n'est pas à elle.
Elle se dit que ça viendra un jour, forcément, que ses échecs amoureux ne sont rien, qu'elle ne savait tout simplement pas faire la part des choses, qu'elle était peut-être trop renfermée et effrayée pour oser. Pourtant, Dieu sait comme elle en a envie.
Elle sort d'une histoire complexe. Il n'y a rien eu. Du moins rien de physique. Il n'y a rien eu d'autre que des paroles, des espoirs, tous déçus.
La vérité avait été dure à admettre, et elle avait préféré l'éloignement. Il n'avait plus répondu à ses messages, elle ne lui en avait plus envoyé. Elle avait fini par comprendre qu'elle n'était rien qu'un poids pour lui.
Malgré tout, elle l'avait ramené à cette soirée. Il était animateur. En costar blanc, la couleur officielle du personnel. Pétillant et séducteur. Pourtant, il était tout le contraire de ce qu'elle définissait comme son "type". Il n'avait pas les cheveux noirs, il n'avait pas les yeux clairs ou noirs, il n'avait pas cet air mystérieux qui donne une élégance peu commune. Il était tout simple. Mais l'amour lui était tombé dessus sans qu'elle n'ait eu le temps de s'écarter de son chemin.

Fidèle à lui-même, ce soir, il l'ignore. Il lui avait dit bonjour et parlé pour le boulot, mais ça s'arrêtait là.
Alors elle préférait ne pas lutter.
Elle en a marre de se battre. Elle est épuisée. Même ses rêves sont hantés par son fantôme, elle en devient insomniaque.
My Immortal s'arrête, c'est la fin. Elle verse une larme, derrière son comptoir où personne ne lui prête la moindre attention. Elle aime.
La chanson ? Oui, aussi.
Elle aime.


• » |[ Musique ]| « •



Le bonheur qui transpire dans cette clairière magique finit par la contaminer et lui faire oublier ses peines. Elle sourit, et reste perdue dans ses pensées pendant un temps.
- Eh oh !
Elle sursaute et sort de sa rêverie à contrecoeur. On l'appelle à la table du fond.
Elle marche, un plateau à la main, et elle entend le nouveau morceau. Son coeur en tombe à la renverse. Elle l'a dansé étant plus jeune. Elle ne savait pas qu'on pouvait le passer dans un mariage.
La musique classique ne fait partie des standars matrimoniaux.
Elle aime. Elle adore.
Elle ressert la table en vin et repart chargée de verres vides.

Mais on lui prend le plateau des mains. Elle se retourne, étonnée, et le voit le poser sur une table vide.
Elle l'interroge du regard. Il lui sourit. Toujours ce sourire charmeur, auquel elle est bien incapable de résister.
ll n'attend pas son consentement. Il emprisonne sa main droite dans la sienne et pose sa main gauche sur sa taille.
Elle est surprise, il ne dit rien.
Il ne fait que la regarder. Elle se demande pourquoi.
Il la serre contre lui, et son coeur explose.
Il l'emmène sur la piste, tout près du lac, loin derrière les mariés.
Ils commencent à danser.

Elle est tétanisée. Que se passe-t-il ?
Il la serre plus fort contre lui alors qu'elle tente de s'écarter.
- Reste.
Elle lève le regard pour l'observer. Il a toujours les yeux rivés sur elle.
- C'est surprenant.
- N'est-ce pas ?

Il sourit davantage. Il a une fossette sur la joue droite.

Elle aime. Elle adore. La musique, l'ambiance, la magie. Lui.
Plus que tout elle l'aime.
C'est beau comme elle l'aime.





Nan, c'est pas mélo, vos gueules. XD
Okay, peut-être un peu. Au risque de paraître gnangnan, j'aime énormément la "groupie du pianiste", et le lac des cygnes de Tchaïkovski me fait rêver.
Et, ça m'énerve, tout ce que j'écris touche de près ou de loin (mais surtout de près je vous l'accorde ^^) à l'amour.
Zémpalamour.


Le prochain OS sera divisé en 4 parties. Ils est vraiment trop long >.<



Marie, sache que j'avais pris en compte ton premier commentaire, car après tout il s'agissait d'un avis comme un autre. A la façon quelque peu méchante (car il existe certaines façons de critiquer intelligemment sans vexer, et il s'agissait peut-être de maladresse) dont tu m'as fait tes remarques, j'ai préféré effacer ce commentaire (qui risquait d'appeler des réponses pas super sympas de celles et ceux que tu appelles mes groupies). De là à dire que ça m'a vexé, non, je n'irais pas jusque là, étant donné que je suis parfaitement consciente de mon niveau dans le domaine de l'écriture, aussi bien en positif qu'en négatif, et je suis au contraire très loin de me croire merveilleusement talentueuse, n'aie aucun doute là-dessus.
Je ne t'ai pris ni pour une emmerdeuse ni pour quoi que ce soit de mal, et j'entendais ton avis comme un autre. D'ailleurs, j'ai moi-même précisé que cet OS ne me satisfaisait pas entièrement, mais il se trouve que j'écris avant tout pour mon plaisir et celui de ceux qui veulent bien me lire. N'ayant pas pour projet d'envoyer mes OS à une maison d'édition, je ne ressens pas le besoin expressément urgent de les améliorer, à l'inverse d'une de mes histoires non publiée sur le net.
Malheureusement (et je dis malheureusement par défaut), il se trouve que j'ai développé un sens assez aigu de la paranoïa sur skyblog et les fictions. J'ai imaginé plusieurs choses, l'une d'elle étant que tu n'étais pas juste une bonne samaritaine qui tenait à aider les auteurs à s'améliorer. Visiblement j'avais raison, tu es revenue me chercher juste parce que tu es en manque de sensations, tu as envie de te bastonner avec moi (et mes groupies tant qu'à faire) par commentaire, c'est tellement plus amusant et ça passe le temps...
Il se peut que je me fourvoie complètement, mais jusqu'à preuve du contraire, j'effacerai dorénavant tout commentaire de ta part, sous le pseudo Marie ou un autre.
Parce que vois-tu, je n'ai pas vraiment le temps de répondre à des critiques gratuites à tout bout de champ.




Tiphs_________


# Posté le vendredi 18 janvier 2008 16:45

Modifié le vendredi 29 février 2008 17:22

.One Shot #5.1 .Ce n'est pas humain.

.One Shot  #5.1 .Ce n'est pas humain.


Voici le rêve sans doute le plus lofoque et réaliste qu'il m'ait été donné de faire.
J'ai été inspirée incontestablement de 30 jours de nuit et de Je suis une légende, qui étaient
les derniers films en date que j'étais allée voir.
Des fois, l'inconscient joue des tours !
J'ai été obligée de couper cet OS en quatre parties, car il est assez long.
J'espère que vous aimerez




Lui, c'est un jeune homme brillant. Il a tout pour lui: il est riche et puissant, jeune et beau, mystérieux et charismatique, brillant, honnête... Tout le monde l'aime. Il est devenu quelqu'un d'important, peut-être même qu'on l'écoute plus que le maire. Difficile d'expliquer quelle place il tient dans la société. Personne ne le laisserait sous la pluie, même si parfois on se laisserait aller à le craindre. Mais il est là, il est aimé et amoureux. Même s'il ne le montre pas. Même si ses yeux noirs sous ses cheveux sombres le cachent derrière leur glace.

Elle, elle vient juste d'avoir dix-neuf ans. Elle est jolie, très très jolie, courtisée par tous les jeunes hommes de la ville, enviée par les autres filles. Il est difficile de la détester. Elle est gentille et douce, sans être naïve pourtant. Elle a son caractère et aime l'humour noir. Elle rêve de devenir fauconnière, elle a d'ailleurs reçu un aigle royal pour son anniversaire. Son animal préféré, qu'elle s'efforce d'apprivoiser en toute confiance. Elle respire la joie de vivre. La fille modèle, pourtant un peu rebelle et courageuse. Sa famille ne roule pas sur l'or, mais est très respectée. Ils tiennent une auberge, l'Archasya qui attire beaucoup de touristes, ça fait tourner le commerce.

La ville est assez grande. Suffisament pour qu'il y ait un lycée, pas assez pour que les espaces verts aient totalement disparus. Elle est dans une vallée, et toutes les maisons sont séparées de grandes étendues d'herbes, de fôrets ou de lacs et rivières. Ils se connaissent presque tous.


Ces derniers temps, rien ne va plus. Enfin, "derniers temps"... ces dernières décennies plutôt. Personne ne sait vraiment comment ça a commencé. Mais ils sont arrivés. On ne sait pas ce que c'est précisément. On sait qu'ils sont dangereux. Ils ont une apparence humaine, même si leur peau est légèrement verte et semble recouverte d'huile. Les rares qui les ont vu à l'oeuvre et qui s'en sont sorti disent même qu'ils sont immatériels.
La télévision n'en parle pas. Personne n'en parle. On le chuchote en petit comité tout au plus.
On sait qu'ils sont là. Ils se sont installés en colonies un peu partout.
Et ils attaquent la nuit.


C'est comme s'ils avaient un quota. Toutes les nuits ils venaient, visitaient les maisons encore allumées et se délectaient de la terreur qu'ils inspiraient, avant d'agir.
Agir.
Ce qu'ils faisaient subir à leurs vingt victimes n'était jamais évoqué. Trop d'horreur. C'était pire que la mort, disait-on en touchant du bois.

Le jour, tout le monde était tranquille, et comme il ne se trouvait pas de lieu plus infesté que d'autres grâce à cette étrange limite de vingt personnes, on faisait comme si de rien n'était.


Ce jour-là était un jour dit "normal". Vingt habitants avaient été pris, des familles entières, sans un seul épargné.
- Je suis sûre qu'il y a un lien entre ce qu'ils font et le fait que toute une famille y passe, dit Nessa à Ankara.
L'avantage lorsqu'elle parlait à son aigle, c'était qu'elle n'avait pas droit aux regards outrés et horrifiés qui accompagnaient leur* évocation.
Le majestueux rapace vint se poser en douceur sur son bras gauche tendu au-dessus d'elle. Elle l'amena à elle et passa sa main droite sur son plumage luisant. En guise de contentement, l'oiseau fit jouer ses serres sur le gant de cuir qui lui servait de perchoir, son regard intelligent rivé sur celui de sa maîtresse.
- Tu es d'accord avec moi, hein Ankara ?
L'aigle battit des ailes brièvement.
- Oui, rit-elle en caressant la tête se son ami. Tu me protèges, car tu peux les sentir, toi. C'est pour ça que nous sommes encore là...
Nessa fouilla dans sa poche et en sortit un morceau de viande. L'aigle l'observa longuement sans bouger, et lorsque la jeune fille le lança en l'air, il s'envola pour l'attraper.
Il plana quelques instants en tournoyant sous le regard attendri de Nessa.
Son cri perçant sembla résonner à l'infini tandis que le sang de la jeune femme se glaçait. Ce n'était pas possible, pas eux, et pas en plein jour !

- Alors comme ça je t'effraie ?
Nessa sursauta avant de se ruer sur la personne qui lui avait parlé.
- T'es trop con j'ai cru mourir d'une crise cardiaque Wyatt ! Tempêta-t-elle en jetant à terre le jeune homme qui souriait de toutes ses dents, bien content de son effet.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'arrêter, Nessa se retrouva emportée dans son élan et termina sa chute sur Wyatt.
- Salut !
- Imcile !
- Ankara a toujours peur de moi on dirait.
- Mh,
répondit-elle en s'allongeant dans l'herbe à côté du jeune homme. Peut-être parce que tu fais peur.
- Hé ! N'importe quoi ! Tout le monde m'aime !
- Et qui te dis que tu n'es pas effrayant ?

Elle s'était assise et observait Wyatt avec intensité.
- Tu me trouves effrayant ?
- Avant, oui. Parfois encore un peu, mais ça me fascine. Tu es très...
- Attirant ?
- Quelque chose comme ça.


Nessa tourna la tête en rougissant. Ils avaient beau être ensembles depuis presque un an, elle avait toujours du mal à rester calme face à lui. Face à son trouble, Wyatt passa sa main sous le menton de la jeune femme et ramena son visage près du sien.
- T'es trop chou quand tu rougis.
- ...

Le souffle de Nessa était court. Elle savait ce qui allait arriver, et son coeur battait la chamade à en exploser de joie. Comme toujours, les yeux sans fond du jeune homme emprisonnèrent les siens, et son visage sans défaut redevint sérieux à mesure qu'il se rapprochait de celui de la jeune femme.
Une masse de plumes vrombissante vint interrompre ce moment. Nessa sursauta et se dégagea de l'étreinte de Wyatt pour tendre son bras à l'aigle qui se posa dessus avec force cris indignés.
- Tout doux ! Tempéra la jeune femme en calmant son ami.
Wyatt la regardait faire avec un regard attendri.
- En fait, je crois qu'il ne m'aime pas.
- J't'ai dit, tu fais peur ! On dirait un...
- Un ... ?

Et voila, elle était de nouveau coincée. Et cette fois encore, elle allait avouer le fond de sa pensée, car elle ne pouvait tout simplement rien lui cacher.
- Un ange diabolique.
Wyatt haussa un sourcil en croisant les bras.
- Tu vois ! Tu recommences !
- Je te trouble ?
- Oui, et tu le sais parfaitement.
- Hum.

Le jeune homme esquissa un sourire en coin. Sourire qui le rendait encore plus beau, si cela était réellement possible. Pourtant, la jeune femme savait bien qu'il cachait sa peine au fond de lui. Rien que sa façon de se tenir, les épaules légèrement voûtées, en témoignait.
- Wyatt...
- Hm ?
- Je suis vraiment désolée. J'ai appris pour Jérémie et sa famille...
- C'est rien. On finira tous par y passer, de toute façon.


Nessa caressait distraitement Ankara, qui fermait les yeux de plaisir.
- Wyatt... Est-ce que c'est pour ça que tu m'as offert Ankara ? Pour me protéger d'eux ?
- Je veux que tu vives le plus longtemps possible, Nessa,
répondit-il en dardant son regard brûlant sur elle.
S'ensuivit un long silence durant lequel ni l'un, ni l'autre ne se quitta du regard.
- Je t'aime Nessa. Je ne supporterais pas que ça t'arrive à toi aussi.
- Wyatt...
- Promets-moi de faire attention.
- Mais W...
- Promets-moi.
- Heu... Je te le promets mais...

Nessa n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Le jeune homme s'était jeté sur elle et la serra de toutes ses forces. Ankara s'envola, indigné.
- Je ne veux pas qu'ils t'emportent, grogna-t-il en enfouissant sa tête dans les longs cheveux de la jeune fille.
- Wyatt... Calme-toi... Tu ne me perdras pas.
- Ce n'est pas parce que tu dors dans une cave blindée que tu ne risques rien ! Imagine que ta soeur...
- Tu me prends pour qui Wyatt... ? Je peux me défendre !
- Qu'est-ce que t'en sais ? Tu ne les a jamais vus ! Tu ne sais pas ce qu'ils peuvent faire !
- Je t'arrête tout de suite ! Je les connais sans doute mieux que n'importe qui dans cette ville !


Wyatt ne répondit pas. Il semblait stupéfait et sceptique, et son regard noir brillait d'interrogation.
- Ecoutes-moi, s'il te plait.
Le jeune homme acquiesça sans ciller.
- J'ai réuni beaucoup d'informations sur eux. Je suis allée au poste de police, il y a trois ou quatre mois, et je les ai convaincu de me laisser visionner leurs cassettes de surveillance de la ville.
Ils ne viennent que dans les maisons dites "chaudes", c'est à dire que les habitants ne sont pas couchés depuis longtemps. C'est comme si l'odeur des humains "actifs" les attirait davantage. Ca répond à ta question concernant la pénurie de somnifères. D'ailleurs, ça m'étonnerait que notre ville soit un cas isolé.
- Tu ne devrais pas...
soupira Wyatt en baissant les yeux. C'est dangereux...
Nessa lui lança un regard réfrigérant.
- Comment tu veux qu'on ait un espoir de s'en sortir si on reste avec nos tabous de merde ? Si personne n'en parle, personne ne peut en apprendre plus sur la façon de les éloigner et de les battre ! Très sincèrement Wyatt, tu me déçois sur ce coup-là. J'aurais espéré que tu me suivrais, et j'espère vraiment ne pas être la seule sur terre à essayer de sortir la tête de l'eau !
- ...
- Parce que comme tu l'as dit, on finira tous par y passer, et je n'ai aucune envie que l'humanité disparaisse d'ici quelques années parce qu'on aura rien fait pour l'éviter.


Wyatt ne répondit pas. Il se contenta de dévisager sa bien aimée la poitrine gonflée de fierté.
- Tu es folle.
- Qui se ressemble s'assemble, chéri !

Le couple partit d'un formidable éclat de rire qui balaya le malaise. Ce fut comme s'il n'avait jamais existé.




To Be Continued . . .






# Posté le samedi 26 janvier 2008 17:45

Modifié le vendredi 14 mars 2008 16:12

.One Shot #5.2 .Ce n'est pas humain.

.One Shot  #5.2 .Ce n'est pas humain.
-Ce montage n'est pas de moi-

- Nessa.

Wyatt avait été le premier à se calmer et s'était empressé d'enlacer la jeune femme par la taille et d'enfouir son visage dans son cou. La main froide aux doigts fins vint caresser sa joue tandis que la voix mélodieuse de la jeune fille s'élevait dans le calme de l'après-midi.
- Je sais que tu as peur. Tu sais ce que ça fait. Moi pas. A part toi et ma famille, il n'y a personne dans cette ville dont la disparition puisse m'affecter. Et je pense qu'il vaut mieux... Les gens savent que je parle librement et sans pudeur d'eux*. Ils me prennent pour une sorcière, ou un truc qui attire le mauvais oeil sur la ville.... Ils sont trop aveuglés par leurs superstitions ridicules !
- Je pense vraiment que tu ne devrais pas les évoquer aussi facilement.

Elle soupira.
- Comme tu l'as dit, nous allons tous y passer. Dans combien de temps, ça n'est pas important. Mais avant que mon tour vienne, je souhaite vraiment, réellement, pouvoir trouver ne serait-ce qu'un début d'échappatoire à cet enfer.
Il passa la main dans ses cheveux, s'imprégnant de leur douceur, sans la quitter du regard. Elle paraissait si frêle, étendue là.
- As-tu trouvé autre chose, au cours de tes recherches ?
Elle acquiesça.
- Ils sont matériels. Ils ont de la chair, et des os, pour la simple raison qu'ils étaient humains, avant.
- Quoi ?
- Les vingt personnes qui disparaissent chaque nuit deviennent comme eux... Le vieux Sullivan Vontriknov s'est fait prendre dans la rue le mois dernier. C'est effrayant...
expliqua-t-elle sur le ton de la conversation, comme une scientifique exposerait ses observations à une conférence. Ils l'ont traqué dans toute la ville jusqu'à l'épuisement. Ils font toujours ça, comme si c'était un jeu... Ils sont sadiques. lls aiment faire peur, et quand Sullivan était à bout, l'autre s'est tout simplement approché de lui. Il a sauté très haut. J'ai cru qu'il allait atterrir sur ses épaules, mais non ! Il l'a ...traversé.
Wyatt avait repris contenance depuis son emportement soudain, et son visage restait impassible, comme il savait si bien le faire. Cependant, ses doigts étaient crispés autour de la taille de Nessa, excès qu'il ne s'accordait qu'en sa présence.
- Et devine quoi !? C'était Fanny Spliters qui l'a eu. Son ex-femme.
- Mais...
- Tu vois ? On ne meurt pas. On devient l'un d'entre eux. On attaque. Leur but, c'est de nous remplacer ! Et leur règle des vingt... elle est là juste pour faire durer le plaisir !
- Il n'y a rien qu'on puisse faire... ?

A ces mots, le visage de Nessa s'illumina. Wyatt ne put s'empêcher de déposer un baiser sur ces lèvres qui souriaient aussi sincèrement, et qu'il aimait tant. Elle sourit avant de reprendre.
- J'ai cherché sur internet... Figure-toi qu'il y a eu un cas similaire dans l'Antiquité. Ca se limitait à une seule ville, à l'époque. Tous les habitants ont disparu, sauf un. C'était un prêtre. Il s'est servi d'un pieu gravé de runes, comme pour les vampires. Et il a survécu.
- Alors ça veut dire...
commença Wyatt en souriant.
- Oui ! Exulta-t-elle. On les tient ! Il nous faut juste le temps de fabriquer ces armes ! On passera à la maison tout à l'heure, je te donnerai la tienne ! Le plus tôt sera le mieux !

Sur ces mots, Nessa se leva, suivie de près par Wyatt qui ne lâchait pas sa main. D'un sifflement, elle rappela Ankara qui vint se poser sur son bras libre. De tout le trajet, il ne quitta pas le jeune homme du regard.

- Dis-moi... Commença Wyatt tandis qu'il traversaient la place du marché, bondée à cette heure-ci.
- Hm ?
Dans leur dos, ils entendirent une bande de filles pester contre Nessa. Tout deux en connaissaient très bien les raisons: les créatures, et Wyatt. Ce dernier se retourna et les fusilla du regard. Elles se turent aussitôt et baissèrent les yeux en rougissant.
- Vraiment effrayant, murmura Nessa pour elle-même. Ton style vestimentaire vampirique n'aide pas vraiment, d'ailleurs.
Wyatt observa sa tenue. Il portait simplement un jean un peu large avec un pull-over noir sous un long manteau de la même couleur qui lui arrivait aux chevilles. Plutôt anodin. Quant à ses cheveux, ils lui venaient dans les yeux, mais il ne s'en inquiétait pas outre mesure.
- Laisse tomber ! s'esclaffa Nessa en jetant un oeil à Ankara. Moi j'aime, ça te rend très mystérieux.
- Hum...
- Oui. Donc tu voulais me dire quoi avant qu'elles nous interrompent ?
- Je voulais juste savoir si tu savais...
- Oui ?
L'encouragea-t-elle.
- Est-il possible d'inverser le processus ?
- Hm. Ca me parait impossible, malheureusement,
répondit-elle en secouant la tête d'un air triste. Si on trouve un moyen de les tuer, on devra tous les tuer, Wyatt...
- Alors dans ce cas, je prie pour qu'on trouve un moyen...
- Si on peut s'en débarrasser, ça sera déjà très bien...


Sur son bras, Ankara ne cessait d'agiter ses ailes et d'ébouriffer ses plumes.
- Il est nerveux... Je crois qu'on ferait mieux de rentrer.
En disant cela, Nessa ne put s'empêcher de frissonner. Wyatt se figea et l'observa. Il sentait que quelque chose avait changé. Etrangement, elle était devenue hyper sensible à leur odeur depuis qu'Ankara l'avait rejoint.
- Nessa, qu'est-ce qu'il y a ?
Mais la jeune femme ne semblait pas l'entendre. Ses yeux s'étaient écarquillés, et elle fixait son aigle avec appréhension. En ce mois de septembre, le Soleil brillait encore avec intensité dans le ciel.
- Ils ne peuvent pas... Pas en plein jour...
- Nessa !?
- Wyatt, quelle heure est-il ?
Demanda-t-elle d'une voix nouée.
- Il est presque dix-sept heures, pourquoi ? Nessa, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui va arriver ?
- Cours, suis-moi jusqu'à la maison, ils arrivent !
- Nessa !


La jeune femme était partie en courant, sans lâcher ni la main de Wyatt ni la lanière de cuir d'Ankara, provoquant sur son passage des protestations véhémentes en plus des regards curieux et suspicieux habituels. Le jeune homme cessa de protester et se mit à courir avec elle, exhortant au passage les gens à rentrer chez eux.
La maison de la famille de Nessa se trouvait sur une colline près du centre ville, un îlot qui se dressait entre deux bras de rivière, qu'on ne pouvait traverser que par une barque. Les arbres dissimulaient presqu'entièrement la demeure.

Elle déboula chez elle comme une furie et hurla à sa mère d'éteindre les bougies. Son père avait de suite compris son air et avait éteint la télé. Il s'empressa d'ouvrir une trappe sous le plancher et se saisit d'Ankara, que sa fille lui tendait.
- Mais Nessa, veux-tu bien m'expliquer...
- M'man, ils arrivent, je sais pas comment ça se fait, mais on doit descendre ! Prends la nourriture, s'ils peuvent sortir en plein jour on en a pour longtemps !

Sa mère obtempéra aussi vite qu'elle put et se glissa à son tour dans l'ouverture du sol.
Nessa planta ses yeux dans ceux de Wyatt, soudain hésitante. Il savait ce qu'elle s'apprêtait à faire, et cela lui déchirait le coeur.
- Wyatt... commença-t-elle en serrant plus fort sa main. Ma soeur est encore au collège...
- Ca sera l'occasion d'essayer ton bâton runique...
dit-il dans une tentative d'humour.
- Nessa, tiens ! Appela sa mère en lui tendant l'arme.

Elle s'en saisit vivement, l'essaya plusieurs fois. Elle s'était entraînée, sans doute pas assez, néanmoins elle pensait pouvoir s'en sortir. Lorsqu'elle fut sûre d'être prête, elle reporta son regard coupable sur Wyatt.
- Je... commença-t-elle, mais sa voix mourut dans sa gorge alors qu'elle essayait de réfréner ses larmes.
- Tu n'es pas obligée d'y aller...
- C'est ma soeur...
- Je sais...
- Je... Il y a... une quinzaine de bâtons dans le genre, dedans. Si jamais ça dégénérait... Distribue-les aux premiers que tu trouveras...
- Et toi ?
- Je reviendrais,
répondit-elle d'une voix tremblante.
Elle savait qu'elle mentait. Il le savait aussi, comme il savait qu'il était inutile de la suivre, car elle serait capable de l'assommer pour le garder en sécurité. Mais ils préféraient espérer.
- Cependant... Reprit-elle en posant son front sur le torse du jeune homme. S'il s'avérait que...
- Ne dis pas n'importe quoi...
- Non, écoute-moi. Si je devais ne pas revenir et être comme eux... Ne cherche pas à m'approcher pour me sauver. Si je te touche tu y passeras aussi.


Au dehors, des cris d'effroi commençaient à s'élever. La voix de la jeune femme se fit plus pressante:
- S'il te plait, si jamais tout ça tourne mal pour moi... Tue-moi.
Wyatt eut un mouvement de recul.
- Si cela arrive, il est très possible que je te courre après, ainsi que tous les membres de ma famille, pour me venger. C'est comme ça qu'ils vivent. Je ne veux pas te faire subir ça. Je veux que tu me tues.
- Tu te rends compte de ce que tu me demandes ?
rétorqua-t-il d'une voix nouée.
- C'est moi qui te le demande.
Elle s'écarta légèrement de lui, les yeux brillants.
Dans son dos, deux bras la ramenèrent brutalement contre son amant. Elle lui rendit son étreinte de toutes ses forces, à tel point que ses doigts s'enfonçaient dans le dos de Wyatt. Il fallait qu'elle parte, maintenant, car sinon, elle n'en aurait plus la force.
Elle embrassa Wyatt une dernière fois, de tout l'amour dont elle était capable, sentant le goût salé des larmes se mêler à ce baiser.
- Je t'aime Wyatt.
Et elle s'en alla.
- Je te jure que je reviendrai ! Hurla-t-elle en dévalant la pente qui menait à la barque.




To Be Continued . . .






# Posté le lundi 04 février 2008 16:44

Modifié le jeudi 27 mars 2008 15:55